{"id":10451,"date":"2026-02-24T12:00:01","date_gmt":"2026-02-24T11:00:01","guid":{"rendered":"https:\/\/butterfly-editions.com\/?page_id=10451"},"modified":"2026-02-24T12:48:12","modified_gmt":"2026-02-24T11:48:12","slug":"decouvrez-les-premieres-pages-de-the-equation-of-us-par-maya-brent","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/butterfly-editions.com\/index.php\/decouvrez-les-premieres-pages-de-the-equation-of-us-par-maya-brent\/","title":{"rendered":"D\u00e9couvrez les premi\u00e8res pages de \u00ab\u00a0The Equation Of Us\u00a0\u00bb par Maya Brent"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-align-center has-palette-color-1-color has-text-color has-link-color has-large-font-size wp-elements-f8030d54ec5552e6639e734eefd8039a\">D\u00e9couvrez en exclusivit\u00e9 les premi\u00e8res pages de <em>The Equation Of Us<\/em> par Maya Brent !<\/h1>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-1 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/butterfly-editions.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/1771931601-1024x785.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-10462\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\" style=\"line-height:1.2\"><strong>Deux esprits scientifiques.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\" style=\"line-height:1.2\"><strong>Deux pass\u00e9s irr\u00e9solus.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\" style=\"line-height:1.2\"><strong>Une \u00e9quation que ni le temps ni la raison ne peuvent r\u00e9soudre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\" style=\"line-height:1.5\">Il y a dix ans, Ana et Henri \u00e9taient les meilleurs \u00e9l\u00e8ves de leur promotion : deux prodiges fascin\u00e9s par la chimie\u2026 et l&rsquo;un par l\u2019autre. Entre exp\u00e9riences, rivalit\u00e9s et confidences vol\u00e9es, ils partageaient tout \u2014 jusqu\u2019au jour o\u00f9 Henri a tout fait exploser. Sans explication, il a disparu, brisant plus qu\u2019une amiti\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\" style=\"line-height:1.5\">Aujourd\u2019hui, Ana est doctorante \u00e0 Oxford. La science guide sa vie, mais rien ne peut l\u2019aider \u00e0 combler le vide qui l&rsquo;habite. Jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle tombe, par hasard, sur un portefeuille. Dedans, une photo d\u2019Henri. Mais un faux nom. Une fausse vie. Et un secret qui menace tout ce qu\u2019elle croyait savoir de lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\" style=\"line-height:1.5\">Quand Ana et Henri se recroisent, les lois de la logique vacillent. Les mensonges d\u2019hier se heurtent \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui. Et l\u2019amour devient une r\u00e9action incontr\u00f4lable. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\" style=\"line-height:1.5\"><em>Rendez-vous \u00e0 Oxford, le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une romance intense, o\u00f9 la raison scientifique se confronte aux pulsions du c\u0153ur. O\u00f9 certaines \u00e9quations ne trouvent leur solution que dans le chaos.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"909\" height=\"236\" src=\"https:\/\/butterfly-editions.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Image1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-10461\" srcset=\"https:\/\/butterfly-editions.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Image1.png 909w, https:\/\/butterfly-editions.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Image1-300x78.png 300w, https:\/\/butterfly-editions.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Image1-768x199.png 768w, https:\/\/butterfly-editions.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Image1-400x104.png 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 909px) 100vw, 909px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left has-large-font-size\">Ana<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group roman is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"roman\">L\u2019\u00e9chec, c\u2019est comme m\u00e9langer du sodium avec de l\u2019acide sulfurique. \u00c7a vous explose au visage avant m\u00eame que vous ne l\u2019ayez vu venir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"roman\">J\u2019ai envie de claquer la porte du fast-food pour \u00e9vacuer. Mais peut-\u00eatre que j\u2019avais besoin de me prendre la porte en pleine face.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"roman\">Visiblement, l\u2019\u00e9chec s\u2019apparente aux boutons hormonaux, il arrive avec tous ses petits copains, puis s\u2019installe confortablement l\u00e0 o\u00f9 il ne devrait pas. Dommage qu\u2019aucun produit cosm\u00e9tique hors de prix ne puisse en venir \u00e0 bout. Ce n\u2019est pas faute d\u2019y avoir pens\u00e9 s\u00e9rieusement. Trouver des solutions \u00e0 des probl\u00e8mes qui n\u2019existent pas encore repr\u00e9sente le c\u0153ur de mon futur-hypoth\u00e9tique-probable m\u00e9tier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"roman\">Ces adjectifs feraient grimacer n\u2019importe quel doctorant n\u2019ayant pas encore soutenu sa th\u00e8se. Situation relativement inconfortable, d\u2019autant plus quand elle rend les fins de mois compliqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"roman\">D\u2019o\u00f9 ma pr\u00e9sence devant ce fast-food. D\u2019o\u00f9 mon besoin de prendre un deuxi\u00e8me boulot. D\u2019o\u00f9 cet \u00e9ni\u00e8me \u00e9chec.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"roman\">Pour \u00eatre honn\u00eate, je m\u2019int\u00e9resse davantage \u00e0 la composition mol\u00e9culaire de la graisse qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 de travailler dans un fast-food. Peut-\u00eatre que le patron l\u2019a remarqu\u00e9. Ou peut-\u00eatre que tous les \u00e9tudiants d\u2019Oxford ont d\u00e9j\u00e0 postul\u00e9 avant moi, et qu\u2019aucune place n\u2019\u00e9tait disponible. Si le milieu universitaire comptait uniquement des jeunes richissimes, nous serions plus nombreux en doctorat. Et plus heureux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une pluie typiquement britannique \u2013 pas assez \u00e9paisse pour vous tremper jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os, mais suffisamment pour vous transir de froid \u2013 me fait grelotter et regretter de ne pas avoir pris de manteau. Le mois de septembre d\u00e9j\u00e0 bien entam\u00e9 signe la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 \u2013 bien que ce concept puisse sembler \u00e9tranger \u00e0 toute personne vivant au-dessus de la Manche.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme la nuit vient de tomber, je traverse le parking \u00e9clair\u00e9 pour rejoindre ma voiture en r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 l\u2019essence que j\u2019ai d\u00e9pens\u00e9e afin de venir jusqu\u2019ici. Je m\u2019arr\u00eate pour calculer, la main sur la poign\u00e9e de ma porti\u00e8re. Les yeux dans le vague, je donne s\u00fbrement l\u2019impression que mes dix milliards de cellules nerveuses se font la malle. Voici une preuve flagrante que j\u2019\u00e9tudie la chimie et non les math\u00e9matiques.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai consomm\u00e9 trop d\u2019essence. <em>Trop<\/em> repr\u00e9sentant un nombre que je ne peux pas me permettre.<\/p>\n\n\n\n<p>Sentant la pluie braver la barri\u00e8re de mon pull, j\u2019ouvre ma porti\u00e8re pour entrer dans la voiture, quand je sens un objet sous mon pied.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Qu\u2019est-ce que\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Un portefeuille abandonn\u00e9 sur le sol.<\/p>\n\n\n\n<p>En le prenant, je comprends qu\u2019il ne s\u2019agit pas du mien. J\u2019entre tout de m\u00eame dans la voiture pour ne pas attraper les pr\u00e9mices d\u2019un rhume. Il ne faudrait pas non plus que j\u2019aie \u00e0 calculer le prix d\u2019une consultation chez le m\u00e9decin par-dessus le march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cuir noir est humide, le contenu du portefeuille semble maigre vu la faible \u00e9paisseur. Il appartient probablement \u00e0 un client.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019en ouvre le volet, m\u2019appr\u00eatant \u00e0 aller d\u00e9poser ma trouvaille dans le fast-food,&nbsp; quand une sensation glac\u00e9e prend subitement racine dans ma poitrine. Elle s\u2019\u00e9tend, s\u2019attaque \u00e0 mon rythme cardiaque.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon c\u0153ur s\u2019emballe. Ma pression art\u00e9rielle explose. Tant de donn\u00e9es qui m\u00e9riteraient que je m\u2019y attarde, que je m\u2019en inqui\u00e8te, mais je ne peux pas \u2013 et le prix d\u2019une consultation chez le m\u00e9decin n\u2019a rien \u00e0 voir avec \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a deux cartes bancaires, deux pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux noms diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>Une unique photo.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne parviens pas \u00e0 d\u00e9glutir. Mes poumons hurlent de douleur quand mon talent d\u2019apn\u00e9iste commence clairement \u00e0 ne plus en \u00eatre un.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Comment\u2026&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Trop concentr\u00e9e sur la co\u00efncidence, je ne m\u2019appesantis pas sur les d\u00e9tails physiques de cet homme, sur ce physique qui a tant chang\u00e9. Quelles \u00e9taient les chances que je tombe sur\u2026 <em>\u00e7a<\/em>&nbsp;? Je ne me lance pas dans d\u2019infinis calculs sur la probabilit\u00e9, car mes mains tremblent d\u00e9j\u00e0 assez.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il<\/em> ne se trouvait pas dans le fast-food, c\u2019est certain. J\u2019ai scrut\u00e9 les clients, \u00e0 la recherche de visages familiers, esp\u00e9rant ne pas en trouver, pour ne pas lire la piti\u00e9 dans leurs yeux. Gr\u00e2ce \u00e0 la cuisine ouverte, j\u2019aurais pu le voir s\u2019il y travaillait.<\/p>\n\n\n\n<p>Je continue \u00e0 fouiller le portefeuille jusqu\u2019\u00e0 tomber sur plusieurs cartes identiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cartes publicitaires d\u2019un pub.<\/p>\n\n\n\n<p><em>The Old Lion<\/em>. Oxfordshire. Le m\u00eame foutu comt\u00e9 que le mien.<\/p>\n\n\n\n<p>Je reprends soudain mon souffle comme on \u00e9merge d\u2019une eau tumultueuse qui nous a subitement aspir\u00e9s dans ses profondeurs. Je saisis ensuite mon portable pour ouvrir l\u2019application de navigation.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, je ne vois rien qui pourrait m\u2019emp\u00eacher de m\u2019y rendre. J\u2019oublie le prix de l\u2019essence, mon compte en banque qui ressemble \u00e0 un d\u00e9sert, et \u00e0 ma th\u00e8se qui avance aussi vite que mes calculs mentaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lance le portefeuille sur le si\u00e8ge passager, puis d\u00e9marre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me faut une bonne heure pour rejoindre l\u2019\u00e9tablissement. Je traverse la campagne, les champs bord\u00e9s de cl\u00f4tures fines, l\u2019herbe \u00e9paisse baign\u00e9e de t\u00e9n\u00e8bres, les bois si nombreux que j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 de les compter. Je conduis sur une route \u00e9troite qui force les voitures \u00e0 empi\u00e9ter sur le bas-c\u00f4t\u00e9 pour se croiser. Je laisse les lumi\u00e8res d\u2019Oxford derri\u00e8re moi pour rejoindre un village aux fa\u00e7ades en brique, aux maisons mitoyennes d\u2019un autre temps, et aux toits recouverts de tuiles mang\u00e9es par la mousse. Les r\u00e9verb\u00e8res diffusent une lumi\u00e8re chaude de bienvenue. Le lierre grimpe sur les b\u00e2tisses, s\u2019enroule autour des fen\u00eatres aux \u00e9pais rideaux tir\u00e9s. Je croise quelques passants dissimul\u00e9s sous un parapluie, avec un sac de courses ou une mallette de travail sous le bras.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>Old Lion<\/em> est l\u2019endroit le plus \u00e9clair\u00e9 de la rue principale. Mon c\u0153ur cogne f\u00e9rocement contre ma poitrine tandis que je me gare \u00e0 proximit\u00e9, le regard riv\u00e9 sur l\u2019\u00e9tablissement. L\u2019enseigne se dessine au-dessus de la porte d\u2019entr\u00e9e dans une \u00e9criture \u00e9paisse, nostalgique. Deux grosses appliques illuminent la large porte pourvue d\u2019une petite fen\u00eatre ronde. L\u2019Union Jack flotte \u00e0 c\u00f4t\u00e9, entre des fen\u00eatres \u00e0 petits carreaux qui laissent deviner le petit int\u00e9rieur, chaleureux et vivant du pub. L\u2019\u00e9tablissement offre le spectacle d\u2019un lieu de vie comme le pays en compte des milliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Je doute, soudain, comme si j\u2019avais subi une transe le temps du trajet jusqu\u2019ici. Je rouvre le portefeuille. Ce m\u00eame visage me fixe toujours, ces deux yeux d\u2019un brun piquet\u00e9 de vert, qui jouxte deux noms diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>sien<\/em> en premier. Celui que j\u2019ai connu.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre, celui d\u2019un parfait inconnu.<\/p>\n\n\n\n<p>Un frisson d\u00e9sagr\u00e9able, comme un mauvais pressentiment, me d\u00e9vale le dos.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9termin\u00e9e \u00e0 faire la lumi\u00e8re sur ma d\u00e9couverte, je sors de la voiture. La m\u00eame force que celle qui m\u2019a permis de tenir ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es me pousse en avant. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9tais livr\u00e9e \u00e0 moi-m\u00eame, bouscul\u00e9e par la vie, challeng\u00e9e par un destin qui avait forc\u00e9ment \u00e9corch\u00e9 mon nom sur la liste d\u2019appel, n\u00e9glig\u00e9e par un univers qui avait visiblement oubli\u00e9 de sponsoriser mon existence.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e7a \u00e0 cause d\u2019une seule et m\u00eame personne.<\/p>\n\n\n\n<p>Une personne aux yeux bruns mouchet\u00e9s de vert.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sursaute presque quand le d\u00e9clic de verrouillage de ma voiture s\u2019enclenche dans le silence de la rue, \u00e0 peine perc\u00e9 par les \u00e9clats de voix \u00e9manant du pub. Je prends une longue inspiration tout en trottinant jusqu\u2019\u00e0 la porte. Je me retiens d\u2019adresser un doigt d\u2019honneur au ciel, visiblement en \u00e9troite collaboration avec le destin et l\u2019Univers pour s\u2019attaquer \u00e0 ma sant\u00e9 mentale \u2013 sans parler de ma situation financi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Une forte odeur d\u2019houblon et de beurre me balaye le visage quand j\u2019entre. La chaleur y est pr\u00e9gnante, l\u2019ambiance dor\u00e9e et conviviale. Un match de football s\u2019affiche sur l\u2019\u00e9cran de la t\u00e9l\u00e9vision accroch\u00e9e au mur qui surplombe l\u2019\u00e2tre o\u00f9 un feu parfum\u00e9 cr\u00e9pite d\u00e9j\u00e0, en cette fin d\u2019\u00e9t\u00e9. De vieilles photos de villages et de sc\u00e8nes d\u2019un autre temps ornent les murs en brique, m\u00eal\u00e9es \u00e0 des appliques \u00e0 abat-jours en verres tremp\u00e9s. Leurs couleurs vives projettent des \u00e9clats lumineux jusqu\u2019au plafond aux poutres apparentes. Derri\u00e8re le comptoir en bois, des dizaines et des dizaines de bouteilles align\u00e9es cr\u00e9ent un patchwork de whiskys, liqueurs, rhums et autres alcools, et c\u00f4toient les tireuses \u00e0 bi\u00e8res locales. Pendus au-dessus du comptoir, des luminaires \u00e9clairent l\u2019ardoise qui d\u00e9crit le menu du jour.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses personnes regardent le match, une pinte \u00e0 la main. Des hommes occupent plusieurs tables, s\u00fbrement des ouvriers vu leurs tenues de travail. D\u2019autres portent des costumes froiss\u00e9s, signe d\u2019une dure journ\u00e9e. Assis au comptoir, leur mallette abandonn\u00e9e contre les pieds en bois des tabourets, ils suivent les footballers en pleine action. Ils manifestent bruyamment leur enthousiasme \u00e0 chaque action d\u00e9cisive, faisant trembler les plats \u00e0 partager sur leurs tables rondes. Install\u00e9 pr\u00e8s de la fen\u00eatre du fond, un groupe de femmes joue aux cartes, chacune avec un verre de vin \u00e0 la main. Une cacophonie agr\u00e9able r\u00e8gne en ma\u00eetre, bien loin du chaos d\u2019\u00e9motions qui fait rage en moi.<\/p>\n\n\n\n<p>La porte se referme dans mon dos, me ramenant brusquement \u00e0 la raison de ma visite.<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9glutis difficilement, scrute les visages, sans trouver celui que je cherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me faufile jusqu\u2019au bar et patiente en sentant mon c\u0153ur battre jusque dans mes doigts pos\u00e9s sur le bois lisse. Le barman, un homme qui semble bien trop vieux pour servir dans un pub, me salue tout en terminant de remplir une pinte de bi\u00e8re mousseuse. Sur sa peau brune pliss\u00e9e par les ans, une constellation de taches sombres se d\u00e9ploie. Ses cheveux cr\u00e9pus, coup\u00e9s courts, sont d\u2019un gris presque uniforme. La cha\u00eene d\u2019une montre \u00e0 gousset brille \u00e0 son pantalon, dans lequel sont rentr\u00e9s son gilet et sa chemise. Je ne peux que remarquer son \u00e9l\u00e9gance tandis qu\u2019il se tourne vers moi, son regard chaud se plissant dans un sourire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Bienvenue&nbsp;! Qu\u2019est-ce qui pourrait vous faire plaisir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Sa voix, bien que rocailleuse, incarne la gentillesse. J\u2019\u00e9claircis la mienne pour ne pas y laisser transpara\u00eetre toutes les \u00e9motions brutales qui m\u2019habitent depuis que je suis tomb\u00e9e sur <em>son <\/em>visage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Je cherche quelqu\u2019un. Un homme. Il m\u2019a laiss\u00e9 la carte de ce pub, ajout\u00e9-je en la lui montrant de mes doigts crisp\u00e9s par la tension. Basile McArthur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le barman fronce les sourcils, puis secoue la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;\u00c7a ne me dit rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Je comprends alors qu\u2019<em>il<\/em> ne se pr\u00e9sente peut-\u00eatre pas ici sous le faux nom pr\u00e9sent sur la deuxi\u00e8me pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9, mais sous le vrai.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon c\u0153ur se fige. Je ne l\u2019ai pas prononc\u00e9 depuis dix ans. Je le laisse franchir la barri\u00e8re de mes l\u00e8vres avec un timbre d\u2019outre-tombe&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Henri Husbender&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le visage de l\u2019homme s\u2019\u00e9claircit et il l\u00e8ve un doigt avant de passer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du comptoir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Une minute, Mademoiselle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il dispara\u00eet derri\u00e8re la porte en bois qui indique la direction des cuisines et des toilettes au moment o\u00f9 la majeure partie des clients crient victoire quand leur \u00e9quipe marque un but. Je dois ressembler \u00e0 \u00e7a quand mon protocole de test r\u00e9ussit au labo, ce qui signifie que je peux enfin rentrer me coucher pour esp\u00e9rer dormir au moins trois heures.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019ambiance festive, un picotement sur ma nuque m\u2019interpelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me retourne, sans trouver personne derri\u00e8re moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Le barman revient rapidement pour me d\u00e9signer d\u2019un signe de t\u00eate la porte qu\u2019il a laiss\u00e9e ouverte, sans que ne disparaisse cette impression que quelqu\u2019un m\u2019observe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Au fond, \u00e0 droite. Ignorez le bazar.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Merci beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon c\u0153ur continue \u00e0 marteler follement ma poitrine quand j\u2019entre dans un couloir \u00e9clair\u00e9 par une seule applique au mur, en dessous de laquelle tr\u00f4ne une vieille photo du <em>Old Lion<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couloir d\u00e9bouche sur la cuisine, sur la gauche, depuis laquelle je sens une odeur d\u2019ail et de persil qui m\u2019aurait fait saliver en d\u2019autres circonstances.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sens mes mains devenir moites au fur et \u00e0 mesure que j\u2019avance jusqu\u2019au fond du couloir, vers la porte ouverte sur la droite.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas le temps de voir ce qui se trouve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, car je sens soudain une paume se plaquer subitement sur ma bouche pour \u00e9touffer mon cri de surprise. Je me d\u00e9bats, mais j\u2019ai affaire \u00e0 un homme plus grand et plus large que moi. Il n\u2019a besoin que d\u2019une seule main pour me ma\u00eetriser. Je rue comme une lionne, donne des coups qui s\u2019\u00e9crasent dans le vide, essaye de mordre, en vain. Il esquive chacune de mes ruades. Je tente de crier&nbsp;; de terreur, cette fois-ci. Sa main immense m\u2019\u00e9touffe presque.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis soudain pouss\u00e9e dans la pi\u00e8ce dont la porte est ouverte. Elle se referme au moment o\u00f9 mon dos se plaque contre le bois. \u00c0 travers ma vision devenue floue par la panique, je discerne un bureau, des papiers, un environnement de travail plong\u00e9 dans la p\u00e9nombre. Seule la lumi\u00e8re d\u2019un lampadaire, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, \u00e9claire faiblement les lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes deux poignets se retrouvent tout \u00e0 coup plaqu\u00e9s au\u2011dessus de ma t\u00eate par des doigts puissants. La peur d\u2019\u00eatre agress\u00e9e me d\u00e9vore. Une peur vile, visc\u00e9rale, celle que l\u2019on ne ressent que face \u00e0 la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Une peur que je n\u2019avais pas encore exp\u00e9riment\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Je ne veux pas vous faire de mal, lance une voix masculine au-dessus de moi. J\u2019ai besoin de comprendre qui vous \u00eates. <em><br><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est quoi cet enfer, bon sang&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je continue de me d\u00e9battre, mais je ne peux rien face \u00e0 la force de mon agresseur. Avec sa carrure imposante, je ne vois rien d\u2019autre que son torse tandis qu\u2019il me maintient en place comme une simple poup\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Une poup\u00e9e dont il pourrait briser la nuque en un claquement de doigts.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa main m\u2019emp\u00eache presque de respirer, sa poigne devient presque douloureuse sur mes poignets. Je tente de donner des coups de pieds, de tourner mes hanches pour me d\u00e9gager, en vain.<\/p>\n\n\n\n<p>Je r\u00e9alise avec terreur que \u00e7a ne sert plus \u00e0 rien.<\/p>\n\n\n\n<p>La terreur me t\u00e9tanise. Le silence s\u2019\u00e9tire dans la p\u00e9nombre de cette pi\u00e8ce inconnue. Mes respirations folles et celles, longues et profondes, de mon agresseur me semblent assourdissantes. Il para\u00eet calme. Pourquoi reste-t-il calme, bordel&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je fais alors la seule chose que je n\u2019avais pas encore os\u00e9 jusqu\u2019alors.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u00e8ve le visage vers le sien.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois que mon c\u0153ur a cess\u00e9 de battre. Il tressaille \u00e0 peine dans ma poitrine qui oscille dangereusement vite.<\/p>\n\n\n\n<p>Des yeux bruns piquet\u00e9s de vert.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon meilleur ami. Le centre de mon monde. Du moins, il y a une \u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a dix ans.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">En librairies le 26\/03\/2026<\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez en exclusivit\u00e9 les premi\u00e8res pages de The Equation Of Us par Maya Brent ! Deux esprits scientifiques. Deux pass\u00e9s irr\u00e9solus. Une \u00e9quation que ni le temps ni la raison ne peuvent r\u00e9soudre. 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